Georgia of my mind

Un album est disponible en cliquant sur le diaporama en bas de page. (Collection personnelle)


Est-il possible d'avoir une impression d'une ville en aussi peu de temps ?  Arrivé à Tbilissi à minuit, je devais présenter deux conférences d'une heure chacune, le jour même, et repartir dans la nuit pour la France. Les conférences ayant lieu en début d'après-midi, je quittais l'hôtel en début de matinée avec un plan en main pour une promenade à pied dans la ville. L'hôtel Sheraton, bien que copie conforme de ses congénères dans le monde, étonnait dans cette ville à la fois par sa taille et son confort. Bâti à flanc de colline, il offrait du sixième étage où se trouvait le restaurant du petit déjeuner, une vue panoramique magnifique sur la ville ancienne, située sur la berge opposée de la rivière Mtkvari.

Je me dirigeais tout d'abord vers la cathédrale Sameba qui surplombe la ville sur la même rive que l'hôtel. Bien que de construction récente, elle est belle à regarder de sa vaste esplanade d'où la vue s'étends sur la ville. Dans chacune des quatre églises que je visiterai au cours de la matinée, je serai frappé par la présence de fidèles, dont de nombreux jeunes, s'adonnant à la prière et à des marques de dévotion. En redescendant vers la Mtkvari, je m'arrêtais dans la petite église Arménienne Sourp Kevork d'Etchmiazine, Tbilissi étant renommée pour sa tolérance religieuse entre la majorité orthodoxe, l'islam et le judaïsme, une mosquée côtoyant la synagogue. En me dirigeant vers l'église Métékhi, je passais devant la petite église Prophète Saint David, entourée d'une cour dont le balcon donnait une vue magnifique sur la rivière, l'autre rive, couronnée par la forteresse de Narikala, dominant la vieille ville et entourant l'église Saint Nicolas. La minuscule église était remplie de fidèles en prière.

A peu de distance, par une rue pavée en pente, entourée de maisons à balcons de bois, j'arrivais à l'église Métékhi, entourée d'un petit jardin ombragé et donnant sur une esplanade d'où l'on aperçoit la statue équestre de Vakhtang Gorgassali et des constructions avant-gardistes faisant la fierté de la ville.

Pour se rendre au lieu où devaient avoir lieu les conférences nous avons traversé en voiture la ville nouvelle avec ses immeubles à l'occidentale, notamment dans l'avenue Rustavelli que les Georgiens considèrent comme leurs Champs Elysées. La périphérie de la ville, avec son supermarché Carrefour, commence à ressembler à toutes nos agglomérations.

Sitôt après les conférences nos hôtes nous ont emmenés en voiture visiter une petite ville, classée au patrimoine de l'UNESCO, Mtskheta, à une quinzaine de kilomètres de Tbilissi. Entourée d'une muraille, la cathédrale Svetitskhoveli, construite au XIe siècle comporte une belle iconostase, des fragments importants de fresques et une chaire curieusement décorée. La ville est surplombée par un monastère planté sur un éperon rocheux qui domine les alentours, en particulier le confluent de la Mtkvari et de l'Aragvi. Ce monastère de Djavari a été construit au VIe siècle sur l'emplacement d'une croix miraculeuse. Le site avec la vue sur le confluent des rivières et la ville est magnifique.
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Cathédrale Svetitskhoveli de Mtskleta .
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Village de Mtskheta, au confluent de la Mtkvari et de l'Aragvi, vu du monastère de Djavari.
Le soir les orateurs furent invités à un diner traditionnel Georgien avec une profusion de plats amenés sur la table, en particulier les khinkali, ces gros raviolis farcis de viande de porc, les khatchapouri,  galettes de fromage et d'œufs, le tout arrosé d'excellent vin. Il faut un solide appétit pour faire honneur à cette multitude de mets succulents où les plus simples tomates ont une saveur oubliée. L'atmosphère était joyeuse autour de nous, car après les danses et chants traditionnels, ce furent les convives qui se mirent à danser avec entrain.

La nuit sera courte, avec un lever à quatre heures pour rejoindre l'aéroport. La compagnie Ukraine International Airlines brille davantage par sa parfaite ponctualité que par la gastronomie qui fait regretter le restaurant de Tbilissi. L'escale à Kiev sera de courte durée avant le retour sur Paris, le TGV et l'arrivée à Lille en début d'après-midi. C'est cela la vie de conférencier itinérant !
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