Gaspard-Léonard SCRIVE, un pionnier de l’anesthésie et de la chirurgie de guerre.


Gaspard-Léonard SCRIVE appartient à l'une des grandes familles lilloises. Selon certains documents, les origines de la famille remonteraient au Trecento florentin, d'avant les Médicis, mais il n'y a aucune certitude sur ce point. Le nom de la famille aurait été emprunté à la rivière Scrivia, qui prend sa source dans les Apennins, traverse la province d'Alexandrie, avant de se jeter dans le Pô, non loin de Noguera. Famille d'orfèvres, elle se serait signalée par des services rendus à Florence comme en atteste une plaque commémorative près du Ponte Vecchio. Il est possible que leur départ soit dû à des raisons politiques, mais aussi à des opportunités commerciales liées au passage de la Toscane à la Flandre et aux liens économiques, via la Rhénanie, entre ces deux régions. Installés d'abord à Bruxelles, la famille aurait donné une apparence flamande à leur nom devenu Scrieck qu'elle aurait portée pendant plusieurs générations. Dans l'armorial dressé par d'Hozier, en 1696, les armes de la famille consistaient en un blason coupé d'azur et d'argent, au lion de l'un dans l'autre, lampassé de gueules, adextré en chef d'un croissant d'argent. A la fin du XVe siècle, l'orfèvre Pierre Scrieck serait venu de Bruxelles à Lille dont Philippe le Bon avait fait la capitale de son duché de Bourgogne. Vers 1720, à la suite du rattachement de Lille à la France par Louis XIV, leur nom aurait été francisé en Scrive. Bourgeois de Lille jusqu'à la Révolution, ils furent orfèvres, notaires, procureurs…

Dès la fin du XVIIIe siècle, les Scrive s'impliquent dans la modernisation de la production textile. En 1795, le négociant Joseph-Désiré Scrive fonde une manufacture de cardes que ses fils Antoine et Désiré reprendront à sa mort. Antoine Scrive-Labbe jouera un rôle très important dans l'industrie textile lilloise par l'introduction de la mécanisation des cardes, dont il a rapporté en fraude les méthodes d'Angleterre, au péril de sa vie. En 1835, il réintroduit en France la machine à filer le lin, inventée par Philippe de Girard.

Grande famille de la haute bourgeoisie industrielle de Lille, les Scrive se mêlèrent peu de politique, mais leurs œuvres philanthropiques, comme la cité ouvrière de Marcq-en Baroeul, leur valurent les attaques virulentes de Paul Lafargue, gendre de Marx. Très en vue dans le patronat lillois, les Scrive reçurent en leur hôtel particulier du 1 rue du Lombard, plusieurs souverains, tels que Charles X, Louis Philippe, Napoléon III, le roi des Belges, ainsi que de nombreux écrivains et artistes dont Victor Hugo, Chopin… L'Hôtel Scrive est actuellement le siège de la Direction Régionale des Affaires Culturelles.

Gaspard-Léonard Scrive est né à Lille le 13 janvier 1815, à 10 heures. Il est le fils de Pierre Louis Joseph Scrive, né en 1786, négociant, puis rentier, demeurant rue du Molinel, et de Sophie Joseph Debonte, née en 1791. Il épouse à Strasbourg, le 9 septembre 1841, à l'âge de 26 ans, Barbe Elisa Weigel, fille d'un notaire, dont il aura trois enfants. Frédéric né à Strasbourg, le 16 février 1848, décédera dans cette ville à l'âge de 15 mois, Marie née à Strabourg, le 25 mai 1849, et Jeanne née à Paris, le 15 avril 1857, mariée à Gaston Crapez, qui lui donnera trois petits enfants. Sous le nom de Jeanne de la Vaudère, elle s'illustrera comme poétesse et romancière.

Il effectue le début de ses études médicales, en1833, à l'hôpital militaire d'instruction des armées de Lille, où il remporte le premier prix en 1834. Il est détaché à Lyon pendant l'épidémie de cholera de 1834. Il poursuit sa formation médicale au Val de Grâce à Paris, devenant aide-major et prosecteur d'anatomie, jusqu'à sa thèse, soutenue en 1837 sur le sujet : " Essai sur l'enseignement de l'anatomie normale ". Cette même année, il obtient le premier rang au concours pour le grade d'aide major.

Il est envoyé aux ambulances actives de l'armée d'Afrique, notamment à l'Hôpital de Douéra, où il se signale par son habileté chirurgicale. Lors de son séjour en Algérie, il fut affecté successivement au 7er léger puis au 47éme de ligne. En 1839, il assista au combat d'Oued Lalleg, en 1840 à la prise de Cherchell, au passage du col de la Teniah Moussaya et à la prise de Médéah. A son retour en France, placé en premier lieu à Strasbourg, il concours sans succès à la chaire de professeur de pathologie chirurgicale à l'Ecole du Val de Grâce, mais en février 1841, il obtient au concours pour les hôpitaux d'instruction, la chaire de médecine opératoire à l'hôpital de Lille, avec le grade d'aide major de 1ère classe.

Il est promu en 1844 comme chirurgien-major de deuxième classe,  puis en 1847 au même poste. Avec la suppression des hôpitaux d'instruction, il quitte l'enseignement. En 1851, il est nommé chef de service à l'hôpital de Valenciennes, puis en 1852 médecin principal de deuxième classe aux hôpitaux de la division d'Oran. En février 1854, il était en poste à Mostaganem lorqu'il fut nommé chef du service médical du corps expéditionnaire français envoyé en Crimée, qui devait devenir l'armée d'Orient, poste qu'il occupera pendant toute la guerre de Crimée de 1854 à 1856. Il fut promu dès le mois suivant médecin principal de 1ère classe, puis deux ans plus tard au grade de médecin inspecteur.

En 1855, de retour en France, il est nommé médecin Inspecteur Général des hôpitaux militaires. Son rôle exemplaire sera reconnu par l'attribution de médailles prestigieuses de chacun des cinq pays engagés dans la guerre. En 1856, il fut élevé au grade d'officier de la Légion d'Honneur. Au cours d'une inspection en Algérie, il doit être rapatrié. Son état de santé s'aggrave subitement début octobre 1861 alors qu'il se trouvait dans sa maison de Clamart. Sentant sa fin prochaine, il reçoit les derniers sacrements, puis il est transféré au Val de Grâce où il meurt, le 18 octobre 1861, à l'âge de 46 ans, des suites d'une maladie dysentérique contractée en Crimée. Ses obsèques eurent lieu le 21 octobre en l'église du Val de Grâce. Les honneurs militaires lui furent rendus et des discours furent prononcés sur sa tombe par le baron Hippolyte Larrey, au nom du corps de santé militaire, par le général Lebrun, au nom de l'armée et par le Docteur Laborie, président de la Société de chirurgie, au nom de cette société dont Scrive était membre. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse, dans une chapelle funéraire avec sa femme, sa fille Marie et son gendre, Jean-Baptiste Dauvais de Gérardcourt, lui-même, médecin major de première classe.

Gaspard-Léonard Scrive va s'illustrer en tant que médecin chef du corps expéditionnaire français tout au long de la guerre de Crimée, considérée comme la première des guerres de l'ère moderne, qui durera deux ans du 27 mars 1854 à mars 1856. Au point de départ de cette guerre se trouve la volonté du tsar Nicolas 1er de Russie de démanteler l'empire ottoman et d'imposer au sultan de Constantinople un droit de protectorat sur tous les chrétiens orthodoxes de l'empire ottoman. Ce projet se heurte au refus de l'Angleterre, soutenue par la France, de permettre l'accès de la Russie à la Méditerranée. Malgré la victoire de l'Alma les alliés tardent à profiter de la désorganisation de l'armée Russe. Il s'ensuivra l'interminable siège de Sébastopol et les batailles meurtrières de Balaklava et d'Inkerman. Trois maréchaux, formés à l'Ecole de Bugeaud en Algérie, se succèderont à la tête du corps expéditionnaire français. Le Maréchal Leroy de Saint Arnaud, remporte la bataille de l'Alma, mais atteint du choléra, il décèdera lors de son transfert à bord du Berthollet, vers Constantinople. Le Maréchal François Certain de Canrobert lui succède. Il sera blessé lors des batailles de l'Alma et d'Inkerman. Ses différends avec le chef du corps expéditionnaire britannique, Lord Raglan, imposeront son retour en France. Comme il avait coutume de signer ses rapports : " Tout va bien : signé Canrobert ", cette phrase passera à la postérité. Il devait par la suite s'illustrer, lors de la campagne d'Italie, à Magenta et Solferino. Malgré de graves exactions commises en Algérie sur des populations civiles, le maréchal Aimable Pélissier remplace en 1855 le maréchal Canrobert, comme commandant des forces françaises devant Sébastopol. Le 8 septembre, il remporte avec succès l'assaut donné au fort de Malakoff qui permettra la prise de Sébastopol et mettra fin aux hostilités.

L'histoire de la guerre de Crimée est indissociable de celle des régiments de zouaves qui s'y illustrèrent, notamment à la bataille de l'Alma. Escaladant un escarpement rocheux, ils prirent par surprise l'artillerie Russe qu'ils retournèrent contre leurs troupes. Les zouaves étaient des unités d'infanterie appartenant à l'armée d'Afrique, constituées à partir de 1830, d'abord d'Algériens, devenant rapidement mixtes. Leur bravoure fut célébrée par l'érection de la statue du Pont de l'Alma. L'un de ces zouaves, ayant participé aux campagnes d'Algérie et de Crimée, mérite que l'on fasse une courte digression. Henry Auguste Jacob s'illustrera en devenant l'un des plus fameux " guérisseur " de son siècle. Thaumaturge par le magnétisme, il accomplissait des " miracles " qui dès 1865 lui valurent une renommée exceptionnelle. On faisait la queue dans toute la rue de la Roquette, de la Place de la Bastille jusqu'en face de son domicile. Après son décès, à 85 ans, en 1913, il est enterré au cimetière de Gentilly où des adeptes viennent encore fleurir sa tombe.

Cependant, plus encore que par les blessures de guerre, les troupes seront décimées par le froid, l'épuisement, le scorbut et les maladies comme le typhus, la typhoïde et le choléra. Dans sa "Relation médico-chirurgicale de la campagne d'Orient", Gaspard-Leonard Scrive donne un rapport d'une grande précision sur le déroulement des évènements et des statistiques mensuelles des effectifs, tués, blessés et malades tout au long de cette guerre effroyable. La relation extrêmement minutieuse de l'activité médicale tout au long de la campagne montre le renforcement continu de l'effectif de 46.000 hommes en octobre 1854 à 143.250 un an plus tard. Au total, sur 193.178 prises en charge, 28.404 décèderont au niveau du front dont seulement 3.613 de lésions par armes à feu, contre 24.676 d'infections diverses par fièvre, typhoïde, typhus, dysenteries, choléra. En y incluant les décès dans les hôpitaux de l'arrière, la guerre fera 69.229 morts, dont 27.825 à Constantinople. Par comparaison, lors de la conquête de l'Algérie, de 1830 à 1841, sur 50 266 morts, on ne dénombra que 2 995 tués par le feu au combat. Plus de 90% décédèrent des suites de fièvres provoquées par le paludisme dont Alphonse Laveran découvrit l'agent responsable, le plasmodium, en 1880 à Constantine. La prise du fort de Malakoff le 5 septembre 1855, sera suivie par la fin du siège de Sébastopol qui amènera également la fin des hostilités. La paix sera signée le 2 avril 1856. Cependant de nombreux décès surviendront après la fin des hostilités, essentiellement dus à une épidémie de typhus.

Le gouvernement, inquiet de l'état sanitaire de l'armée d'orient, envoie en mission d'expertise Jean-Baptiste Lucien Baudens, né le 3 avril 1804 à Aire sur la Lys. Dans la relation de sa mission d'expertise en Crimée, du 15 octobre au 20 novembre 1855, Baudens écrit qu'en février 1856, le nombre total de malades s'éleva en Crimée à 19.648, dont 2.400 morts, et 8.738 évacués sur Constantinople ; pendant le même mois, le nombre de malades s'éleva à 20.088 dont 2.527 morts dans les hôpitaux de Constantinople, c'est-à-dire davantage encore que sur le champs des opérations. Le corps de santé militaire perdit pour sa part 83 médecins, dont 19 par blessure de guerre, tandis que 31 filles de Saint Vincent de Paul moururent victimes du devoir. Ses constatations recoupent exactement celles de Scrive qu'il semble tenir en grande estime et qu'il soutient totalement dans ses rapports au Président du Conseil de Santé. Ses descriptions cliniques du typhus, les mesures préventives qu'il préconise, qui font sourire aujourd'hui, furent méticuleuses sinon efficaces. Il soutint également l'emploi du chloroforme, dont il avait proposé les règles d'utilisation en 1853 à l'Académie des Sciences, préconisant pour sa part le cornet de Reynaud, qui était utilisé dans la Marine. Il décèdera peu de temps après son retour en France en 1857, des suites d'une infection contractée en Crimée. Scrive prononcera son éloge funèbre.

Du point de vue médical, la guerre de Crimée sera marquée par de nombreuses innovations. En 1859, pendant la campagne d'Italie, Henri Dunant qui tente d'approcher l'empereur Napoléon III pour lui parler de ses projets, assiste à la bataille de Solferino. Emu par la détresse des blessés, il crée en 1863 le Comité international de secours aux militaires blessés qui deviendra la Croix Rouge en 1876. En 1864 est signée la première Convention de Genève, directement inspirée de l'action d'Henri Dunant. Bien que la guerre de Crimée soit antérieure à ces dates, on assistera spontanément au secours aux blessés, quelque soit leur camp. De nombreux blessés Russes seront soignés par les médecins Français, ce qui vaudra à Scrive l'attribution du grade d'officier de l'Ordre impérial de Saint Stanislas de Russie. Une autre innovation sera la création de la médecine de guerre et de la médecine de l'avant, afin d'assurer le relevage, le transport et les premiers soins aux blessés. A propos des plaies de la tête, fréquentes et graves, Scrive suggère également une mesure qui devint par la suite une évidence, soulignant " combien il serait prudent et avantageux de protéger la tête des troupes employées à un siège, par un casque à l'épreuve de la balle et des éclats de gros projectiles ". A l'initiative de Scrive, qui s'en fit l'ardent propagandiste, l'anesthésie sur le champ de bataille fut développée avec l'utilisation généralisée du chloroforme par l'appareil de Charrière.

Les débuts de l'anesthésie en campagne doivent beaucoup à l'enthousiasme de Scrive qui écrivit dans sa " Relation médico-chirurgicale de la campagne d'Orient " : " De tous les moyens thérapeutiques employés par l'art chirurgical, en faveur du plus grand soulagement possible des vives douleurs que procurent les blessures de guerre, aucun n'a été aussi efficace et n'a réussi avec un succès aussi complet que le chloroforme ; les bienfaits de l'emploi de ce merveilleux agent anesthésique ont été immenses à l'armée d'Orient… ". Dans son article " Histoire de l'anesthésie militaire Française ", J.J. Ferrandis souligne que la guerre de Crimée a été la première utilisation de l'anesthésie de masse sur le champ de bataille. Il indique que trois indications de chloroformisation étaient retenues: par charité, pour procurer une sédation ou une analgésie aux patients mourants, de nécessité pour la chirurgie, amputations, extractions de balles, parages de plaies, et de précaution, pour la réalisation de larges pansements pour des plaies douloureuses.

Pour réaliser ces anesthésies au chloroforme, on utilisa un type des nombreux appareils mis au point par Charrière. L'appareil utilisé était constitué d'un réservoir, d'une valve, d'un robinet permettant le contrôle de la concentration inhalée et d'un tuyau relié à un masque. L'anesthésie au chloroforme fut administrée par des infirmiers 25.000 fois au cours de la guerre sans une seule mort. Scrive souhaitait que chaque caisson d'ambulance fût équipé de 1 ou 2 appareils de Charrière qui lui paraissait le mieux raisonné, le plus commode et le moins sujet à se détériorer. L'appareil de Charrière lui paraissait avoir de nombreux avantages sur la simple anesthésie à la compresse. L'appareil permettait une mesure de la quantité exacte de chloroforme inhalé et du pourcentage du mélange à l'air évitant surdosage et hypoxie. Le contrôle de la délivrance du chloroforme permettait une dépense moindre, de l'ordre de 10 à 16g. afin de réaliser une amputation, contre 30 à 40g. à la compresse. La délivrance de l'anesthésie pouvait être confiée à un aide, l'opérateur pouvant s'occuper presqu'exclusivement de son travail. Enfin, l'insensibilité était obtenue plus rapidement qu'à la compresse.

Une autre avancée déterminante des soins aux blessés est l'apparition des infirmières sur le théâtre des opérations. Florence Nightingale, est une infirmière britannique qui peut être considérée comme la pionnière des soins infirmiers modernes. Après de nombreuses tentatives pour convaincre ses parents de l'autoriser à devenir infirmière et des expériences dans plusieurs hôpitaux en Italie, en France et en Allemagne, Florence Nightingale finira par créer en Angleterre une organisation et des formations d'infirmières. Bénéficiant de soutiens politiques, en particulier du Secrétaire d'Etat à la Guerre, Sidney Herbert, elle obtient de se faire envoyer en Turquie avec un groupe de 38 infirmières volontaires qu'elle a recruté. Affectée début novembre 1854 à la Caserne Selimiye à Scutari, elle se heurte à l'hostilité des médecins et aux conditions d'hygiène désastreuses à l'origine de nombreuses morts par maladies infectieuses. Elle finira par convaincre par son obstination et son implication personnelle, étant reconnue et portraiturée comme "la dame à la lampe ", faisant son tour de surveillance de nuit parmi les malades. Du côté Russe, Helena Pavlowna, petite fille de Catherine II, aide Nicolas Pirogov à créer la chirurgie de guerre à Sébastopol, où elle envoie une trentaine de  sœurs et contribuera à la création de la Croix Rouge en 1863 et son implantation en Russie en 1867. Valérie de Gasparin, dès 1854 alerte également l'opinion, par l'intermédiaire de la presse, sur les malheurs des soldats de Crimée. Elle fonde la première Ecole d'infirmières  laïques, La Source, et sera à l'origine, avec Henry Dunant, de la création de la Croix Rouge.

Le nom de Scrive a été donné à l'hôpital d'instruction des armées de Lille, où il accomplit le début de sa formation médicale. L'ancien collège des jésuites, auquel était accolée l'église Saint Etienne, avait été construit en 1606. Il fut complètement réaménagé en hôpital militaire par l'architecte Thomas Gombert entre 1781 et 1784. De 1914 à sa fermeture en 1998, il porte le nom d'Hôpital Militaire Scrive. La fin du service militaire obligatoire et la nouvelle carte de programmation des hôpitaux militaires sont la cause de sa fermeture. En 1999, le Ministère de l'Intérieur rachète les bâtiments pour y installer les services administratifs de la Préfecture du Nord. Les travaux de rénovation dureront de 2003 à 2006 redonnant tout son éclat et sa beauté à ce remarquable ensemble architectural classique, renommé pour ses cours et son escalier à double révolution. Le bâtiment conservera l'appellation Préfecture Scrive.

Le sens de l'organisation, l'ouverture d'esprit de Scrive en ont fait un précurseur de la médecine militaire moderne. J.J. Ferrandis lui rends hommage en écrivant : " La guerre de Crimée (1854-1856) est considérée au plan sanitaire comme un désastre…mais le désastre aurait pu être immense sans le talent du médecin-chef de l'armée d'Orient, le médecin principal Gaspard Léonard Scrive ".

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE


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