Amman méconnue

Un album est disponible en cliquant sur le diaporama en bas de page. (Collection personnelle)


De la terrasse de l'Hôtel Royal, la vue embrasse un panorama circulaire fait d'une myriade de petits cubes beiges, montant à l'assaut des collines, agrémentée de quelques gratte-ciels, tandis qu'à la nuit tombante une multitude de phares dévalent les avenues circulaires. Gardé par un service de sécurité, plus routinier qu'impressionnant, remontant une herse après avoir vérifié les véhicules, l'hôtel apparait comme un château-fort moderne mais à la décoration art déco, revue dans le style Moyen Oriental, dominant la ville de sa masse imposante.
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Temple d'Héraclès.

Dès mon arrivée, je m'enquis de la possibilité d'effectuer un tour de découverte de la ville. Je suscitais l'étonnement le plus complet et j'éprouvais le sentiment d'avoir posé une question saugrenue. Ayant échoué à la réception de l'hôtel, je m'obstinais à interroger les organisateurs du congrès auquel je participais. La réaction première fut unanime et en tous points identique. Le second jour, à force de persuasion, je finis par obtenir que l'on me propose un chauffeur faisant office de guide. J'avais pris la précaution d'écrire une courte liste de ce que je souhaitais visiter, en me fondant sur les recommandations du livre que j'avais acheté avant mon départ. Le chauffeur parut surpris mais finalement acquiesça. Au bout d'un court trajet, il arrêta la voiture en face d'une boutique d'artisanat d'une rue commerçante. Sa complicité avec le vendeur ne faisait guère de doutes et je suppose qu'il dût repasser pour toucher sa commission. Bien qu'il ait précisé que je n'étais pas tenu d'acheter, je finis par me laisser tenter par un bijou d'argent dont le prix, après réflexion, me parut exagéré, me donnant le sentiment d'avoir été piégé et arnaqué.

C'était sans doute le passage obligé pour enfin découvrir avec bonheur le splendide théâtre romain de taille imposante, adossé à la colline, dans un excellent état de conservation. Le petit musée ethnographique attenant présente une collection intéressante des arts et traditions populaires.

Le second objectif que j'avais fixé était la citadelle d'où l'on découvre un magnifique point de vue sur la ville. Le temple d'Héraclès, érigé sous le règne de Marc-Aurèle, garde quelques colonnes encore debout et un curieux fragment de doigts d'une main, vestige d'une statue colossale. Les pierres et les colonnes du temple ont servi à la construction d'une chapelle byzantine qui jouxte le temple et a fini par subir le même arasement.
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Chapelle byzantine
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Palais des Omeyades



Le palais des Omeyades qui fut bâti des mêmes pierres est également réduit à l'état de ruines, à l'exception du bâtiment de réception dont la coupole a été restaurée récemment. La petite mosquée qui lui fait face a elle aussi été complètement arasée.

Le musée national archéologique expose des objets du néolithique et d'étranges statues anthropomorphes de terre cuite âgées de 8 à 10.000 ans. La statue d'Aïn Ghazal, que l'on imagine être un couple en raison de la présence de deux têtes jointes sur le même corps, aux visages finement sculptés, fixe le visiteur de ses yeux peints en noir par des incrustations de bitume. D'autres objets, tout aussi étonnants, font l'intérêt de ce petit musée original.
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Statues anthropomorphes du néolithique 8 siècles B.C.

J'avais émis le vœu de faire un tour rapide au marché des fruits et légumes, et au souk de l'or, pour en saisir l'atmosphère, mais mon chauffeur, à la suite d'un appel sur son portable, auquel il faisait comme beaucoup une véritable addiction, reprit sans autre commentaire la direction de l'hôtel. Son amabilité foncière avait quand même ses limites.

De ce que j'ai pu voir ce matin-là, il m'apparait qu'Amman mériterait qu'un office du tourisme s'intéresse à ses beautés et cherche à valoriser ses ressources auprès de ses hôtes de passage.

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