Hong Kong, une ville entre deux mondes



Arrivé de nuit à mon hôtel de Wan Chai, le paysage que je découvris en ouvrant le matin les rideaux de ma chambre au 27ième étage me mit d'emblée dans l'ambiance. Une multitude de gratte-ciel, éclairés par un pâle soleil, partaient à l'assaut du pic Victoria. Le congrès mondial qui motivait mon séjour ne devait pas me laisser beaucoup de temps pour visiter une ville que j'avais déjà découverte brièvement à deux reprises, lors de la souveraineté britannique. La ville avait beaucoup changé et l'atmosphère très « British » qui régnait alors s'était beaucoup estompée. On se sent désormais davantage dans une grande métropole chinoise, comme Shanghai, le drapeau chinois ayant remplacé celui de l'Union Jack. La sinisation se fait cependant très progressivement avec le maintien d'une relative autonomie jusqu'en 2047, et l'on a l'impression que lorsque l'intégration sera complète, les mégalopoles chinoises auront rattrapées le modèle de Hong Kong, le capitalisme à la chinoise ayant achevé sa mutation.
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Vue de ma chambre d'hôtel
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Passerelle sur la Gloucester road


Le chemin vers le Convention Centre était court, mais la cinquantaine de mètres sur Gloucester road suffisaient pour éprouver l'impression de sauna, associant chaleur et moiteur. La touffeur ne durait guère car, dès la traversée de la rue par une passerelle piéton, comme il en existe à chaque coin de rue, la foule compacte entrait de plein pied dans le hall de l'Immigration Building où l'air conditionné lui faisait se succéder une fraîcheur bienvenue. Les mouvements de la foule sur ces passerelles, comme la circulation automobile qu'elles surplombent, évoquent plus que nulle part ailleurs, la circulation sanguine, où passants et automobiles, à la manière de globules, s'écoulent dans des vaisseaux. Au milieu de la passerelle, dans un brouhaha incessant, s'élevait cristalline, la voix d'une petite infirme s'offrant à la charité des passants se pressant vers leurs occupations.







Le bruit le plus caractéristique de Hong Kong est celui des engins de chantier, pelleteuses, excavatrices, bétonneuses s'activant au pied de multiples grues. Malgré la densité des constructions, de nombreux chantiers se développent aux quatre coins de la ville, dont l'expansion entre mer et montagne ne semble pas devoir s'arrêter.



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Chantier
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Vue du pic Victoria



D'année en année, le panorama des gratte-ciel que l'on observe du haut du pic Victoria s'étend, gagnant sur la mer et la montagne. Seul le funiculaire, le Peak Tram, ne semble pas avoir changé, à la différence près que des queues de visiteurs s'y pressent de plus en plus nombreux.



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Anachronisme d'une jonque


La Sky Line, que l'on observe de nuit en allant du Pier 9 vers Lama Island, ne semble pas s'interrompre tout au long de kilomètres de rivage. L'embarcation longe une succession ininterrompue de tours d'une quarantaine d'étages jusqu'à la petite île où de rustiques restaurants, en bord de mer, proposent une savoureuse cuisine de poissons et de crustacés. Le contraste est saisissant, surtout lorsque l'on retourne vers la « civilisation » des tours, des néons, de la grande roue du débarcadère.




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Vue de nuit du "front line"
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Grande roue du débarcadère

Hong Kong est la préfiguration de ces villes chinoises dont les centres historiques sont cernés par d'innombrables constructions verticales où s'entassent des millions d'hommes et de femmes qui ont quitté leurs campagnes, leurs parents, attirés par le mirage du travail, de l'argent et de la ville. Un peuple de déracinés est en train de perdre ses repères ancestraux basés sur la terre et la famille. La grande famine est encore présente dans les esprits alors que la civilisation de la consommation impose ses dictats dont le plus voyant est l'incontournable téléphone mobile dont aucun chinois ne saurait plus se passer. C'est avec délectation que nous quitterons Hong Kong pour le Yunnan avec l'espoir d'y retrouver la Chine traditionnelle.

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