Kunming : la grande mutation

Un album est disponible en cliquant sur le diaporama en bas de page. (Collection personnelle)


Sorti de l'aéroport ultra-moderne avec les ondulations majestueuses de ses toitures, alliant modernisme et tradition chinoise, on arrive après 25 kilomètres d'autoroute, dans une grande ville de plus de 4 millions d'habitants, entourée des tours de ses multiples HLM, avec un centre constitué de larges avenues, de grands magasins, de luxueuses boutiques, de Starbucks coffee, de Mac Donald et de hautes constructions sans grande originalité. La première impression de la « Ville du Printemps Eternel » est assez décevante. Par chance, la ville ancienne a été préservée et semble même faire l'objet de restaurations. L'altitude de près de deux mille mètres rend la température agréable et l'air respirable.

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Conformément à mes souhaits, l'hôtel situé dans le quartier ancien est à la fois traditionnel, avec ses deux patios et ses lits à baldaquin, offrant cependant tout le confort moderne. Sitôt arrivé, nous partons en reconnaissance dans le marché aux fleurs et aux oiseaux, proche de l'hôtel qui était un ancien caravansérail sur l'une des routes de la soie. Les plantes et les fleurs nous sont pour beaucoup inconnues, tandis que le marché aux oiseaux expose, outre les oiseaux, de très nombreux animaux, chats, chiens, poissons, tortues, serpents, scorpions, mygales… Des poussins, teints de multiples couleurs, attirent l'attention. Les ruelles alentour constituent un marché d'artisanat, que l'on retrouvera, à quelques variantes près, tout au long du voyage.
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Munis d'une carte assez approximative et rassurés par l'indication qu'il se trouve à 5-10 minutes à pied, nous nous dirigeons vers le temple bouddhiste de Yuantong que nous finirons par découvrir au terme d'une « Longue Marche ». Inséré dans un quartier assez banal, le temple est un îlot de beauté et de sérénité.








Construit initialement sous la dynastie Tang entre le Septième et le neuvième siècle, il est agrandi par les Yuan, au quatorzième siècle, et le beau pavillon au toit octogonal, construit au milieu d'une pièce d'eau, relié par des ponts de pierre, renferme deux jolies statues dorées de Bouddha et de Guanyin. 
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Malgré la fatigue, nous nous dirigeons vers le lac d'émeraude, aperçu en arrivant, pour découvrir une vaste étendue de lotus et les premières fleurs qui nous accompagneront aussi tout au long du voyage.
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Le lendemain matin départ aux aurores vers Shilin et sa Forêt de Pierre. Nous y sommes accueillis par de jolies fleurs et de superbes papillons.




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Le premier contact renforce les prémonitions de Luna Park dont nous étions avertis, avec la foule des touristes chinois, le passage obligé à la billetterie et aux toilettes, la navette très organisée pour nous amener à l'entrée du parc, deux kilomètres plus loin. Par chance, les touristes chinois ne s'écartent pas de la partie centrale du massif karstique où se trouvent des boutiques et le site répertorié pour les photographies où des hommes et femmes, en costumes régionaux, se laissent complaisamment photographier.




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Notre guide nous emmène dans un dédale de sentiers entre les énormes blocs de pierre où nous pouvons jouir de vues impressionnantes sans être envahis par les hordes de « selfies makers ». L'avènement des téléphones mobiles a relégués les Japonais, stakhanovistes de la photographie, bien loin derrière les Chinois dont  le narcissisme met chaque jour à mal le « culte de la personnalité ». Cette curiosité géologique attire chaque année des centaines de milliers de Chinois dont le tourisme est devenu la passion.
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L'après midi, la route nous emmène vers la région de Yuanyang avec ses montagnes noyées dans la brume et les nuages, et ses rizières en terrasse. Nous passerons la nuit dans le petit village de Duoyishu, face aux rizières. De la maison, nous descendrons dans le village où les paysans vivent en étroite symbiose avec leurs bêtes. C'est le grand écart avec les grandes métropoles modernes.  Nous sommes en septembre et le riz sera récolté dans les prochaines semaines. 
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Les grains sont formés, appendus à leur tige et les rizières encore très vertes commencent cependant à jaunir. 
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Des villageois travaillent à construire un chemin entre les rizières. Ils taillent à la dimension voulue de larges pierres, amenées par les femmes et les mulets, tandis qu'une femme prépare le mortier qui servira à les fixer. Cela fait partie des corvées auxquelles sont astreints les villageois. La mère et la fille de la famille de la maison d'hôtes sont venues chercher nos valises car la maison est à trois cent mètres en contre bas de la route. 
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Les valises sont arrimées sur le dos par une courroie qui remonte sur le front. Lorsque nous partirons, elles feront en sens inverse la montée, avec le même entrain et le même sourire, étant, comme les autres femmes du village, accoutumées à transporter des pierres et de volumineuses charges, dans des chemins pentus, aux pierres irrégulières, parsemées des bouses de vaches et des crottes de mulets. Nous voici enfin dans la Chine profonde qui était l'objectif du voyage.
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