Odessa 2017

Un album est disponible en cliquant sur le diaporama en bas de page. (Collection personnelle)

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Odessa et la Mer Noire sont des mots magiques qui font rêver. J'imaginais Odessa comme la version moderne d'une antique cité et ma première surprise vint du fait qu'elle venait de fêter son bicentenaire. Il y a bien quelques maigres vestiges, conservés sous vitre, sur l'avenue menant à l'Hôtel de Ville, d'un établissement de l'époque hellénique, et quelques murailles préservées de la présence ottomane. Une autre surprise vint de l'origine française du pionnier de cette ville, le Duc de Richelieu, dont la statue domine les fameux escaliers et dont le socle conserve un boulet fiché à sa base, témoin du bombardement par les flottes Françaises et Britanniques du port en 1854, en représailles de la destruction de la flotte Turque dans la rade et du bombardement de la ville de Sinope par les Russes. 
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La troisième surprise fut l'histoire des escaliers d'Odessa rendus célèbres par le film mythique d'Eisenstein, le Cuirassé Potemkine. Leur rénovation devait être inaugurée par le Président ukrainien la veille de mon départ. Marqué par la scène de fusillade du film et la chute du landau d'enfant dévalant les marches, je demandais ingénument où se trouvait la troupe qui avait ouvert le feu sur la foule. Mon guide s'esclaffa qu'il n'y avait jamais eu de fusillade à cet endroit, ni même en ville, mais que le cinéaste avait trouvé que ces escaliers monumentaux feraient un cadre idéal au drame qu'il voulait filmer. Il est de fait que ces escaliers sont impressionnants et ont certainement contribué à faire passer cette scène du film à la postérité.

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La ville, de plus d'un million d'habitants, est belle avec ses larges avenues ombragées de grands arbres et les façades baroques de ses édifices aux couleurs pastel, décorés de statues, de cariatides et d'atlantes. L'opéra est emblématique de la ville et la blancheur de ses façades lui confère une légèreté qui tranche avec la grandeur intérieure de son théâtre à l'italienne qui en fait l'un des plus grands du monde. La décoration ne lésine pas sur les ors qui couvrent les murs et les statues porte-flambeaux de l'escalier monumental.
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La blancheur se retrouve sur de nombreux édifices comme la cathédrale orthodoxe, la municipalité ou le palais Vorontsov. La grande nef vide de la cathédrale resplendit de blancheur soulignée d'ors sans avoir la magie d'anciens édifices aux icônes chargés de siècles et couverts de la suie des bougies déposées par des générations de fidèles. Dans cette ville cosmopolite, les religions cohabitent en paix qu'il s'agisse des orthodoxes, des catholiques, des Arméniens, des protestants, des musulmans et des juifs. De nombreuses synagogues, se rapportant aux corporations du quartier, jouxtent des mosquées.
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Tous les bâtiments sont loin d'avoir été rénovés, même si beaucoup le sont déjà. Certains sont magnifiques comme la gare du chemin de fer ou ceux du Passage couvert avec ses superbes statues décorant les balcons. Certains édifices comme le musée d'art occidental rappellent par leur façade bleu pastel les palais de Saint Petersbourg, construit par la volonté du tsar à une époque guère plus ancienne. La grande Catherine II a sa statue sur une petite place bordée de jolis bâtiments. La place lui a été âprement disputée au fil des vicissitudes de l'histoire, et l'une des avenues qui y mène a connu des appellations changeantes de la période des tsars à celle des maîtres soviétiques, avec un intermède germanique où elle porta même le nom du Führer. 
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Il y a de nombreuses statues en particulier de Pouchkine, en pied sur le trottoir de son musée ou en buste face à l'Hôtel de Ville, sous les frondaisons qui abritent une très belle promenade, parallèle à la mer d'un côté et bordée de très beaux immeubles de l'autre, allant de la Mairie au Palais Vorontsov.

Le soir, la rue Deribasovskaya, illuminée de papillons de toutes les couleurs, très animée en début de soirée, mène à des restaurants autour du jardin de la cité, où l'on mange une cuisine locale très variée et très abondante, arrosée de vodka au raifort. Les habitants considèrent Odessa comme la ville la plus gaie du monde. C'est une ville jeune, avec les nombreux étudiants d'une université très dynamique, auréolée de noms prestigieux comme Pirogov, Filatov, Metchnikov, qui fait la fierté de la ville. Ce fut un honneur d'y être invité à prononcer une conférence et y être admis comme professeur.

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