Le Temps : Ephémère, l'espace d'un instant.


" LE TEMPS EST LA SUBSTANCE DONT JE SUIS FAIT "

                                                            JORGE LUIS BORGES 

Le temps ramène à l'être. Il se conjugue au passé, au présent et au futur. Passé qui n'est plus, présent insaisissable, futur inconnu. Le temps existe t'il ? Pour l'Homme, il est balisé par deux évènements majeurs, la naissance et la mort, encadrant une vie. On ne choisit pas de venir au monde, et la mort est le seul futur dont on soit certain, même si " l'on en connaît ni le jour, ni l'heure ". Le rapport de l'individu au temps est aussi naturel que complexe et inéluctable. La relation de l'homme au temps est existentielle. Paradoxe reproduit par Internet du " temps réel " au sein d'un monde " virtuel ".

" L'humanité est depuis toujours plongée dans un océan de temps. "

La mythologie grecque offre deux images contradictoires pour personnifier le temps, Chronos et Kairos. Chronos, fils d'Ouranos, le ciel, et de Gaïa, la terre, est l'un des Titans. Il dévore ses enfants pour échapper à la prédiction selon laquelle l'un d'eux (chronophage ?) le dévorerait. Chronos est l'incarnation du temps prégnant du calendrier, des montres et des horloges. Face à lui, Kairos, l'éphèbe aux talons et aux épaules ailées, léger, toujours prêt à s'envoler, évoque le moment, l'instant, la rupture dans la continuité spatio-temporelle. Réfléchir au temps c'est donc se poser les questions ontologiques essentielles. Une analyse phénoménologique du temps est donc un préalable nécessaire à toute tentative de le relier à l'être.
Kairos. Bas relief de Lysippos.
Musée de Turin.
Mon année de philosophie fût toute entière consacrée à une analyse phénoménologique du désir, par un professeur passionnant mais peu orthodoxe, nous renvoyant aux livres pour la préparation du baccalauréat. Pour les rhéteurs en herbe que nous étions, les Propos d'Alain constituaient une mine de citations que l'on pouvait retrouver grâce à un lexique placé à la fin de l'édition de la Pléiade. Quelque fût le sujet de la dissertation, on rentrait rarement bredouille de la consultation d'une telle base de données qui serait sans doute aujourd'hui sur Internet. Il fallait parfois torturer les phrases citées pour les faire cadrer avec le sujet auquel elles n'apportaient généralement pas le moindre intérêt. Après avoir écrit, d'un premier jet, ce qui correspondait à ma réflexion personnelle, j'ai souhaité ardemment approfondir mes connaissances et nourrir ma réflexion à partir d'un certain nombre de classiques du genre, comme les " Conceptions scientifiques " d'Albert Einstein ou " Une brève histoire du temps " de Stephen Hawking, " Le sentiment même de soi " d'Antonio Damasio,  et de quelques ouvrages très récents comme " l'Irréalité du temps et de l'Espace " de Francis Kaplan, " L'être-temps " d'André Comte-Sponville et " Plus vaste que le ciel " de Gérald Edelman. Certains apports essentiels à cet essai portent leur marque même lorsque je suis amené à m'en dissocier. Une place à part revient à " La montre cassée " de Tiphaine Samoyault qui apporte cette touche de poésie qui va au-delà des mots et des savoirs.

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